mardi 9 septembre 2014

le droit de pleurer

en fait, ce n'est pas tellement déprimée que je suis, que triste, très triste
c'est différent
Je suis triste... et je m'en donne (enfin!) le droit...

il y a trois ans quand la maladie m'est tombée dessus, la situation était nouvelle  et je voulais à tout prix l’affronter et la gérer au mieux;
J'y ai mis tout mon courage, je me suis battue comme pas possible, j'y ai mis toute mon énergie
Là au bout de trois ans, les choses se sont calmées et je sais ce qu'il en est
Je sais que cela sera comme ça jusqu'à la fin de mes jours (la mauvaise vue, la prise des médicaments qui me démolissent la santé, la maladie chronique)

Maintenant avec le temps, la gestion de cette situation est plus difficile
Et surtout par moment plus décourageante

De ne plus voir comme avant, de devoir faire au quotidien, un effort pour lire, écrire, sortir, m'épuise
Et c'est cela qui me rend triste
Savoir que cela ne changera jamais

Je peux juste me dire que ayant été au fond du trou, je ne peux pas descendre plus bas,  je peux juste tenter de remonter, regonfler mon courage, retoucher ma gratitude devant la vie

Reconnaître que je suis triste, me donne le droit de pleurer... enfin!
tandis que prendre un médicament aurait colmaté tristesse et pleurs
J'ai besoin de pleurer pour me retrouver, pour retrouver la vie en moi



17 commentaires:

  1. évidemment ce n'est pas pour cela que je ne vis pas des instants de bonheur, parfois intenses... ne me comprenez pas mal ;-) Et de ces moments, j'en profite un maximum!
    Je veux simplement dire que cette douleur, cette perte, je dois la vivre jusqu’au bout, sans la gommer en me persuadant que ce n'est rien, qu'il faut penser à autre chose

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  2. J'ai appris il ya peu que le père de mon mari souffre de cette maladie. Il est à un stade moins avancé que toi puisque ses yeux ne sont pas touchés.
    Bon courage dans ce combat qui est le tien, je suis sûre que le pouvoir des mots n'a pas fini de t'aider!
    Ici, ou là, je te suis ;-)

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    1. Fabeli... j'ai expliqué plus haut les degrés de cette maladie: j'en suis hélas au degré le plus haut, avec atteinte oculaire grave (perte d'un oeil, et épée de Damoclès sur l'autre
      Merci Fabeli je suis touchée de ta présence ici... bon vent à toi... c'est merveilleux ce à quoi tu es parvenue...

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  3. Chère Coumarine, je viens de lire tes derniers billets et je constate que tu refuses l'antidépresseur. Parce que tu redoutes les effets secondaires en premier lieu. Je voudrais te dire que les anti-dépresseurs m'ont sortie du gouffre dans lequel j'étais tombée, il y a pas mal d'années. J'ai fait confiance au psychiatre, j'ai refusé de m'intoxiquer l'esprit par les "effets secondaires" qui ne se manifestent pas chez tout le monde et disparaissent vite. J'étais das une dépression intense, due à un surmenage, je ne pouvais plus sortir ni voir qui que ce soit, je sombrais dans des crises d'angoisse brutales, etc. J'en suis sortie et j'ai recommencé à vivre. Je ne veux nullement t'influencer. Simplement te dire qu'on peut en sortir. La décision t'appartient. Tu me connais, tu sais que je n'invente rien. Je voulais te donner un exemple positif pour t'aider à y voir clair. La seule précaution à prendre quand on accepte un traitement aux antidépresseurs, c'est d'être sûre qu'il est compatible avec les médicaments quotidiens.
    Chère Coum, je voudrais tant que tu ne sois plus triste...

    Lorraine

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    1. Chère Lorraine.
      J'ai pris un anti dépresseur pendant une semaine; ce fut la CATA
      Les malaises neurovégétatifs sont survenus en force... en plus des malaises causés par mes médicaments.
      L'ophtalmo de Saint Luc m'a proposé autre chose, dont je parlerai dans un billet suivant!
      Merci pour ton témoignage... il me touche énormément
      Je t'embrasse, chère Lorraine

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  4. Merci d'avoir ce nouveau blog (où je me reconnais mieux, puisque j'ai utilisé cela pour le cancer et pour ce que je vis avec cette jambe qui me fait des ennuis). pouvoir dire sans masquer, c'est pour moi la vraie thérapie et avoir des amis qui vous lisent dans juger c'est ça l'amitié. Pour l'AD mon généraliste m'en avait suggéré un en gouttes (mais ça je n'aime pas) et après un essai, j'ai laissé tombé, et pourtant j'ai passé une partie de ma vie professionnelle à aider les personnes à prendre ces médicaments...

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    1. merci Giboulée d'être venue jusqu’ici
      J'ai suivi ton blog quand tu parlais de l'opération de la cataracte...
      Oui pouvoir parler sans avoir peur d'être mal comprise, ou même d'être jugée... ici je m'en donne le droit. De l'autre côté, j'étais devenue "constipée" si tu me comprends...
      Tu aidais les gens à prendre un AD et tu n'en as finalement pas pris toi-même??

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  5. Qu'il est difficile de commenter, parfois. Je trouve plus amical de se manifester, et en même temps, j'ai peur de ne pas trouver les mots... D'être maladroite... Je ne sais pas ce qui est bien ou pas bien, ça se discute avec les médecins, je pense... J'aurais tendance -personnellement- à leur faire confiance (à l'époque du cancer, je n'ai pas pu en faire l'économie, et c'était un A.D. avec forts effets secondaires, mais au début, après, ça se tassait, par contre, si on arrêtait et qu'on reprenait, ouh là là !!! ) Maintenant, ça peut induire de l'inconfort physique, surtout si tu te déplaces déjà difficilement. Coumarine si courageuse... Enfin, pour le côté dépendance, je pense heureusement qu'elle se limite à la dépendance physique (on ne ressent aucun plaisir à prendre un AD, au contraire...) - un médecin m'a dit un jour que c'était une béquille, et que parfois, on en a besoin. Peut-être pour pouvoir faire plus "légèrement" ce qui tient à cœur... C'est juste une appréciation personnelle, je ne puis me mettre à la place de quelqu'un d'autre. Quoi qu'il en soit, comme je l'ai dit ailleurs, quoi que tu choisisses et quelle que soit la forme d'expression que tu choisiras... Je te souhaite le meilleur. Vraiment.

    Marie-Françoise (Pivoine o;)

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    1. depuis trois ans, je n'accepte plus rien des médecins qui s'occupent de moi, sans une solide discussion, sans demander le pourquoi et le comment. Ils le savent et en tiennent compte, savent aussi que il m'arrive de refuser un traitement, un médicament... par ex l'AD
      Merci pour ton commentaire, il me touche

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  6. Chère Coumarine, ainsi que tu peux constater nous sommes là avec toi. A chacune de t'apporter un peu de réconfort et d'amitié. Mon message est celui çi:
    - Si ce dont tu souffre est irrémédiable alors il te faut ACCEPTER cette infirmité et composer avec ton futur pour qu'il soit le meilleur possible. Évite les anti dépresseurs... Ils nous affaiblissent. Crois-en mes multiples tentatives de suicide --- Garde tes forces pour parer au pire qui serait perdre l'autre œil. Avec nos seules oreilles nous pouvons écouter de belles musiques... des pièces de théâtres sur CD et nous avons des bras, des jambes, l'odorat etc... Grâce au progrès il existe sûrement d'autres choses a faire pour survivre: L'humain a en lui des forces incroyable, insoupçonnables pour survivre. Ex: Cet homme sans bras et sans jambes qui traverse la Manche à la nage.... Il est heureux!!!!!!!
    - Je sais que ce commentaire est un peu facile (pas si facile que çà ;>) Pour finir ne te fais pas de soucis pour tes lecteurs... Fonctionne à ton rythme. Tiens je te fais une confidence... au moment où je t'écris je chante avec "l'émission "Trouver les paroles" et au bord de la sénélité ou l'Alzheimer ? j'apprend des chansons et parfois aussi je danse la zumba !! Pourtant l'angoisse de "cette fin de vie" que je déteste et nomme "le couloir de la mort" puisqu'il faut bien l'accepter... J'accepte en chantant... c'est moins triste
    Je ne te connais pas, mais de tout mon cœur je t'embrasse.

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    1. ACCEPTER j'essaie bien sûr, jour après jour
      J'ai encore à distinguer l'acceptation véritable de la résignation morose
      Merci pour ton témoignage, tu n'as pas vécu des jours faciles il me semble!
      Chanter, bouger, danser... faire circuler la vie en soi , oui!

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  7. Silencieusement, j'accueille tes larmes et toi qui les verses. Il est un temps où pleurer c'est agir.
    avec mon amitié

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  8. ....
    Jolies peintures de Laure Ketfa que j'adore...la tendresse de ses personnages à un oeil... :)
    Des bisous.
    Julie M.

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    1. Julie, j'ai découvert sur FB cette artiste dont les epintures m'ont aussitôt touchées... toutes des femmes avec un seul oeil!
      Je l'ai contactée lui demandant la permission d'utiliser en bannière une de ses peintures. Elle me l'a donnée! ;-)

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  9. Très belle peinture, en effet. Comme quoi on peut être très belle avec un seul oeil...;)

    Je comprends la distinction que tu fais entre "dépression" et "tristesse"; en cas de dépression caractérisée, il est difficile de faire l'impasse sur les médicaments; pour la tristesse, le remède vient de l'intérieur...
    Sans doute as-tu voulu à toute force (et c'est bien normal en cas de perte d'autonomie, je le sais par expérience) que "les choses redeviennent comme avant" - comme si, en dehors du retour à l'ancienne norme, plus rien n'était possible.
    Si, tout est encore possible, mais différemment. Tu ne sauras plus faire telle ou telle chose qui te plaisaient, mais tu en découvriras d'autres, qui te combleront également. Ou tu feras les mêmes choses, mais autrement.
    Je me souviens du livre d'une personne paraplégique, intitulé "L'Homme qui marchait dans sa tête". Je ne l'ai pas lu, mais cette expérience-là, je l'ai vécue moi-même à certains moments où il ne m'était pratiquement plus possible de sortir. Après quelques semaines, j'étais capable, mentalement, de recréer mes balades de long du fleuve. J'entendais le clapotis de l'eau contre les péniches amarrées, je ressentais le froissement des feuilles d'automne sous mes pieds, je humais dans l'air l'odeur de pluie...
    Bien sûr, l'idée que je ne pourrai plus faire de longues virées nocturnes, en complicité avec le fleuve tant aimé, me rend parfois nostalgique. Et je ne suis pas à l'abri des gros coups de cafard. Mais j'ai accepté.
    Et surtout, je me suis lancé d'autres défis, compatibles avec ma mobilité limitée, que je n'aurais jamais osé ne fût-ce qu'imaginer quand j'étais valide...

    Je pense aussi qu'on ne peut accepter ce nouvel état et l'aborder positivement, avec espoir et audace, que si l'on prend le temps du deuil de celle qu'on n'est plus. Ta tristesse et tes pleurs sont pour moi le signe que tu entres pleinement dans l'acceptation de la réalité, que tu vis le chagrin du deuil. Ces larmes-là doivent couler, sans retenue aucune. Elles ne peuvent qu'être bienfaisantes...


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    1. merci Myz, pour ton commentaire en forme de témoignage..
      Un livre qui m'a très fort marquée, c'est L'oeil de l'esprit de Oliver Sacks.
      Bonne journée à toi

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