lundi 12 mai 2014

imbibée ou les maux du sevrage

Au commencement de l'artérite temporale, j'ai reçu des doses inimaginables de cortisone
1000 mg par jour pendant une semaine!
C'est énorme!
Il m'a fallu affronter  - la maladie qui s'est abattue sans crier gare,
- les malaises dus à cet apport inouï de cortisone,
- et la perte de mon oeil
Ce sont les malaises qui m'ont le plus affectée, encore maintenant
En deux ans et demi j'ai lentement pu baisser les doses
Jusqu'à me voir sevrée complètement il y a trois mois
Ce que je pensais une libération a montré ses côtés pervers auxquels je ne m'attendais pas: le sevrage était  lui aussi un parcours de combattant: faiblesse musculaire, mal à toutes les articulations,  coeur qui bat en déroute, perte de connaissance

Deux mois comme ça et puis survient l'alerte (elles ont parsemé mon parcours) avec la montée de la CRP (taux d’inflammation dans le sang)
Après avoir écarté les causes possibles, le médecin se rend à l'évidence: je suis en train de faire une rechute de l'artérite temporale, j'en ai parlé ici

Donc pas le choix je dois reprendre une dose "raisonnable" de cortisone

Et là... miracle, tous les maux du sevrage disparaissent comme par enchantement! voilà que je retrouve un bien-être physique dont j'avais oublié jusqu'au souvenir!
Je n'en reviens pas...je n'ose y croire

Dans 15 jours  on fera un bilan. Plus j'avance, plus je suis persuadée que mon corps a tellement été imbibé de cortisone, qu'il ne peut plus s'en passer. Je suis condamnée à devoir en prendre une certaine dose (qu'il faudra trouver) pour aller simplement bien, pour pouvoir affronter sans trop de problèmes mon  quotidien

Alors qu'il y a un an, j'espérais pouvoir ENFIN être quitte de ce médicament que j'accusais de tous mes maux, aujourd'hui, je reconnais humblement en avoir besoin, Je suis en quelque sorte "droguée", dépendante

Peut-être y a-t-il un cheminement à faire pour arriver à m'en passer, mais je n'y crois plus trop
(Après tout, plein de gens prennent pour le reste de leur vie un médicament pour le coeur (ou autre chose)
Oui peut-être ai-je encore un cheminement à faire pour être capable de dépasser l'aspect médicaments et aller à plus profond, à plus essentiel



8 commentaires:

  1. En quoi un traitement à vie empécherait-il "{d'}aller à plus profond, à plus essentiel" ??
    "J'ai difficile" (comme vous dites :-) ) à te suivre ...
    Quelque chose m'échappe !!

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    1. un traitement à vie (que je souhaite maintenant) alors que j'ai souhaité durant des mois en être délivrée..
      c'est comme si j'étais une girouette, comme un échec quelque part...
      Ce n'est pas clair en moi non plus (pas encore du moins
      Ce qui est clair, c'est que je n'ai pas terminé mon cheminement, et c'est tant mieux... c'est donc qu'il y a de la vie!

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    2. je crois être confrontée à l'humilité!
      (pas l'humiliation)
      L'humilité quand ce qu'on croyait acquis s'avère à devoir être reconsidéré...
      Etre confrontée à l'instabilité, ne plus trop savoir à quoi se fier
      Et malgré ça, faire confiance à la Vie

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    3. Coum, ta dernière phrase ne prend que plus de densité au regard du billet de ton autre blog. Nous ne savons pas la longueur du pas que nous venons de poser, il s'agit (seulement) de le poser dans la responsabilité et la confiance.
      Je t'embrasse.

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  2. Bonsoir Coumarine
    je comprends que tu sois troublée par ce qui s'apparente à une erreur d'interprétation sur ce que ton corps te disait à ce moment-là. Rien n'est jamais figé, ni pour notre corps physique, ni pour notre psychisme ni pour ce que j'appelle notre "corps spirituel" et encore moins pour les interactions. Je comprends aussi qu' être attentive à soi-même tout en restant ouverte aux conseils (initiatives) du monde médical peut s'avérer compliqué mais tu as de multiples atouts pour y parvenir.

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    1. merci Nicole pour ces mots:
      Non, rien n'est jamais figé, et la vérité, il faut la chercher à travers les méandres de nos erreurs et errances...

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  3. C'est un rêve une vie sans médicament.. un rêve que nous faisons tous...
    Et malgré tout il faut bien accepter un jour de lâcher-prise là aussi et se résoudre au confort des substances chimiques que la médecine nous propose.

    Cela fait plus de 10 ans que je prends un médicaments assez "violent" lorsque j'ai des crises de migraines (violentes elles aussi).
    J'ai le droit à 2 plaquettes de 10 comprimés à chaque renouvellement d'ordonnance. Dès que j'ai moins de 10 comprimés dans le tiroir de ma table de chevet, je panique et je me précipite à la pharmacie.
    Peur de manquer de cette substance chimique qui me sauve de la douleur.

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    1. merci Suzame
      ton commentaire a suscité un nouveau billet ;-))

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