mardi 27 mai 2014

la plasticité du cerveau

Le commentaire de kéa sur mon billet précédent me confirme ce que j'ai mis un certain temps à réaliser
Il y a autant d'artérites temporales que de personnes qui en sont atteintes!-

- chez certains les douleurs du haut du corps (pas que la tête, mais aussi la mâchoire, les épaules).. sont vives, insupportables et ne cèdent pas ou peu aux antidouleurs

- chez d'autres l'atteinte est légère et cède avec quelques grammes de cortisone pendant un temps assez court

- d'autres ont eu la chance d'être diagnostiqués assez vite et s'en sont sortis rapidement

- enfin, certains ont une" après maladie" sans alertes ni rechutes. La maladie suit son cours et s'oriente paisiblement vers sa fin, càd l'abandon de la cortisone

J'ai eu les douleurs temporales,( j'en ai parlé sur mon blog principal au début août 2011), les mettant sur le compte d'une fatigue oculaire provoquée par l'abus(!) de l'ordinateur

J'ai eu une atteinte parmi les plus sévères, avec perte rapide et irréversible d'un oeil. le médecin vu la semaine dernière me l'a confirmé, maintenant que je suis en mesure d'entendre cela calmement (jamais on ne m'a dit ça au début évidemment et c'est tant mieux!)

J'ai réagi douloureusement à la prise massive de la cortisone que mon corps refusait, au point qu'il a fallu ajouter un autre médicament difficile à supporter aussi

La convalescence est lente et chaotique, avec rechutes que j'espère chaque fois temporaires mais qui me font peur bien sûr: quand je vois la rapidité avec laquelle l'oeil gauche est mort, je crains toute alerte

Bref ce fut pour moi un parcours douloureux, et qui me suivra....

Ma difficulté principale aujourd’hui est de me restreindre trop dans des activités que je pourrais recommencer à envisager. 
Par ex conduire. J'ai recommencé avec parcimonie pour des itinéraires courts et que je connais parfaitement. Mais j'ai concrètement peur par ex de devoir me garer du côté gauche (non voyant). 
Alors plutôt que de parier sur la chance de trouver un endroit facile pour me garer, je préfère renoncer à sortir, je reste chez moi
Ce soir dans la ville universitaire proche, il y a une rencontre avec un auteur que j'apprécie: il parlera de son dernier roman. Justement cela m'intéresse fort car le dénouement de ce roman m'intrigue.Mais il faut s'aventurer dans des parkings en sous sol, autant dire dans des catacombes
Je crois que je ne suis pas très courageuse. Je constate aussi que j'ai perdu beaucoup de mon humour...

Un ami médecin me parlait l'autre jour de la plasticité du cerveau capable de s’habituer à n'importe quelle situation nouvelle. Je crois que je n'y crois pas assez en ce qui me concerne...

4 commentaires:

  1. "il n'y a que la foi qui sauve".....
    C'est ta dernière phrase qui m'a fait penser à cet aphorisme.
    (je ne pense pas ici aux aspects religieux que ça peut évoquer)
    Si tu ne crois pas ton cerveau capable de s'adapter... il ne s'adapte pas....

    enfin... je vois ça comme ça.....

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    1. que répondre à ton commentaire?
      Manque de foi, sûrement...
      Mais comment on fait pour avoir la foi? il paraît que c'est un don...

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  2. Comme je comprends! Quand toute notre vie au quotidien est conditionnée par ce que nous ressentons et que, vu de l'extérieur, les autres ne se rendent compte de rien, qu'ils s'étonnent de nos incapacités....et de notre humour disparu! On ne peut pas leur en vouloir. Ils ne peuvent pas se mettre à notre place. Nous vivons cela dans la solitude.

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    1. la seule personne à qui j'en veux (parfois) c'est à moi, de ne pas avoir trouvé dans mon cerveau le chemin de l'adaptation...

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